Mort d'un Pourri.

Énième vision hier de "Mort d'un Pourri" de Lautner. Et Audiard. 1977.
Pas souvenir d'une dénonciation aussi glaciale du cynisme et des turpitudes de la droite post-gaulliste aux affaires. 
Film sous-estimé, méprisé même par les raclures du politiquement correct de l'époque, style - mot mal choisi ici - Guy Bedos / "le giscardisme est une dictature culturelle qui bâillonne et censure les créateurs"lui bien sûr...
Faut dire que Lautner + Audiard + Delon + Ronet, pour les créateurs en question, c'est le diable fasciste à nos portes.

Delon se balade, Ronet - le crabe sans doute... -, peu concerné, meurt trop tôt, comme souvent avec Delon, mais deux / trois regards échangés entre eux en disent long, la Muti, l'air toute étonnée de ne jamais se retrouver à poil dans un lit avec l'un ou l'autre, Mireille Darc cachetonne, l'alien Kinski - brushing impeccable et tenue de chasse grotesque - qui se fout éperdument de l'ensemble et élève comme souvent le ridicule dérangé au rang d'art.
Et une pléiade de seconds rôles qui ne voudraient pas des césarisés d'aujourd'hui comme porte-valises : Audran, Guiomar, Bouise, Aumont, Chaumette, Ceccaldi, Virlogeux...
Cinéma français disparu.

Ah ! J'oubliais : à la bande-son : Stan Getz. 
Un blanc qui joue du cool-jazz... comme une blanche qui traduit de la poésie black ! Un véritable scandale que les seventies inconsciemment racistes ne songeaient même pas à interdire : absence totale d'éthique. C'est dire.
Sale époque.

Trailer :


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