Salaud de Génie !

Il est depuis longtemps déjà lassant et inutile de se poser la question de savoir si un écrivain génial peut avoir été - en même temps ! - un parfait salaud.
Oui.
Non.
On s'en fout.
Car on sait avec Plutarque, reprenant Platon, que "les grandes natures sont aussi capables de grands vices que de grandes vertus".

Plutôt se demander pourquoi tant d' "écrivains" médiocres ou pathétiques,  sont / semblent être au quotidien de si parfaits citoyens : éco-responsables, non-binaires, sanitairement corrects, anti-racistes affichés, vivrensemblistes vibrionnant et autres conformistes neuneus.
Réponse : parce qu'ils sont le troupeau. Surtout quand ils se donnent un air méchant. Bad boys d'opérette. Bidons mais citoyens…
Roquets d'une hétéroscomie triomphante - leur nombril fait monde - , leur "moi social" - Sainte-Beuve... - a été pulvérisé depuis plus d'un siècle par Proust dans un opus fameux dont ils n'ont probablement aucun soupçon - je cite : "un livre est le produit d’un autre moi que celui que nous manifestons dans nos habitudes, dans la société, dans nos vices."

C’est pour cela qu'il y a un auteur, un narrateur, un personnage.
Et un lecteur, qui n'est ni miroir ni reflet dans le miroir.
On le leur dit ?

Entre un Céline, salaud absolu ( ? ), écrivain ultime ( ? ) et x, y, z - en promotion sur les chaînes radio et télé publiques et les torchons papier habituels - il y aura toujours l'écart du génie, certes, mais surtout celui du souffle, de la VIE. 
Impossible à combler.

Un espoir pourtant pour le lecteur : il semblerait que la pénurie de papier qui s'annonce conduise à une baisse conséquente du nombre de "livres" publiés.
"Vivre la crise ! " donc, comme le proclamait une grande conscience morale et sociale du la fin du siècle dernier.



L’homme qui marche, Alberto Giacometti (1960).
Photo : Ernst Scheidegger (1963).







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