Kiss me, Stupid
"Il n’est pas de plus grande tragédie que l’égale intensité, dans la même âme ou le même homme, du sentiment intellectuel et du sentiment moral. Pour être indiscutablement et « absolument » moral, on doit être quelque peu stupide. Pour être absolument intellectuel, on doit être quelque peu immoral."
Fernando Pessoa, (Baron de Teive), L’Éducation du stoïcien. De l’impossibilité de créer un art supérieur, Ed. Christian Bourgois.
Comment échapper à cette tragédie ? Le plus sûr moyen serait de n'être pas intellectuel ni moral.
Voie suivie, sinon choisie, en son immense sagesse par l'écrasante majorité du genre humain, faisant au passage de ce monde une comédie - sanglante.
Et après tout...
Reste que l'envahissante prolifération de la moraline, plus particulièrement sous nos latitudes, est un indice pertinent de la prédominance de la stupidité, toujours sous les mêmes cieux.
Car hélas ! ... n'être qu'un peu stupide, - un don ? - nécessite une habileté certaine.
For the happy few ? Là encore ?

Oui, effectivement, ce semble bel et bien une aporie.
RépondreSupprimerEt c'est je crois un peu ce dont parle Yeats dans ce poème qui est parmi mes préférés écrits par lui :
The Choice
The intellect of man is forced to choose
perfection of the life, or of the work,
And if it take the second must refuse
A heavenly mansion, raging in the dark.
When all that story's finished, what's the news?
In luck or out the toil has left its mark:
That old perplexity an empty purse,
Or the day's vanity, the night's remorse.
Qu'ajouter ? Rien. Sauf à vous remercier de m'avoir fait découvrir ce poème Keats qui m'était inconnu ...
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