Le son des choses.

D'aucuns considèrent que la musique est tentative de donner du sens AUX sons, en tant que "bruits volontaires", par opposition au bruit défini comme "son involontaire".
D'autres la voient comme tentative de donner du sens AVEC des sons.

Ambitieux, mais vain : "La musique n'exprime qu'elle-même", tranchait Clément Rosset.

Erik Satie croyait voir s'effacer "les frontières mystérieuses qui séparaient le domaine du bruit de celui de la musique".
Les siècles 20 et 21 se chargèrent de lui opposer un... bruyant démenti.

John Cage estimait avoir épuisé la question en composant son fameux 4'33, soit 273 secondes de silence absolu. En référence au moins 273 degrés celsius, soit le zéro absolu dans lequel aucun mouvement n'est possible et donc aucun bruit ni son ne peut être produit.
Il n’y parvint pas, tant l’exécution de son œuvre en public s’accompagne inévitablement de sons et de bruits parasites. 
L'absence de notes ne vaut pas silence.

Miles Davis approcha de la vérité, si tant est que ... : "Pourquoi jouer tant de notes, alors qu'il suffit de jouer les plus belles ? "
Au point, sur le tard, de se borner parfois à de simples ponctuations.

Dès lors, il semble que "jouer une seule note avec beauté est suffisant. Si l'on y parvient, il n'y a plus rien à ajouter. Là est le mystère de la musique". 
Voilà ce qu'Arvö Part avait désiré atteindre avec "Für Alina" en 1976.




Commentaires

  1. Pour Kundera la musique étant "une pompe à gonfler l'âme" (joli définition, parmi les plus pertinentes) il n'est pas surprenant que l'esprit, soudain dilaté, n'étant plus que le simple boyau qui la contient (la musique ? l'âme ? on s'y perd), se sente si léger en sa compagnie.

    (Quant à Pärt je crois qu'il revient sur cette notion dans le superbe docu qui lui est dédié : "Arvo Pärt: 24 Preludes for a Fugue")

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  2. Vers le minimalisme pour y avoir plus d'espace... Gavin Bryars... Brian Eno...

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