Narines pincées.

La morale n'étant, pour l'essentiel, qu'expression de l'insatisfaction de désirs inavoués, on peut mesurer, par le déferlement ahurissant de sanies sociales - mais pas que... - auquel on assiste en ce début d'année à l'occasion de l'affaire Matzneff / Springora, le haut degré de frustration de nos contemporains en meute en cette époque dite libérée.
Alors qu'elle n'est que misérable.

Mme Springora aurait pu s'épargner la satisfaction mesquine de mêler, au prix d'erreurs manifestes sur son épouse, un Cioran dont le seul crime en l'espèce est de lui avoir signifié le peu d'intérêt qu'il portait à sa jeune personne et à sa cause : "Tzitrón ? Tchocoláte ?"

Dois-je préciser, à l'usage des malentendants, ma totale et définitive indifférence à l'égard de M. Matzneff, sa vie, son œuvre, ses pratiques religieuses, sexuelles et autres ?
Même si, ultérieurement, son éventuel mais improbable suicide pourrait provoquer chez moi un haussement d'épaules.
Oui ? Voilà qui est donc fait.

Un peu d'air...
Bach, Partita #2 pour violon seul, Chaconne. 
Mari Samuelsen.
https://youtu.be/gbXGfzZqRLo

Commentaires

  1. La question est de savoir si un écrivain peut se soustraire à la loi au nom de la littérature, principe qui semble avoir prévalu jusqu'à en ces dernières années, mais qui n'en fait pas pour autant un droit acquis.
    "Votre rôle est d'accompagner Gabriel sur le chemin de la création et de vous plier à ses caprices", aurait déclaré Cioran à Vanessa Springora qui cherchait consolation.
    Lequel Cioran ayant reconnu des erreurs de jeunesse, parions qu'il ait aussi reconnu des erreurs d'homme vieillissant .
    Le fait de " lui avoir signifié le peu d'intérêt qu'il portait à sa jeune personne " est plutôt rassurant, preuve d'une certaine moralité, mais le peu d'intérêt porté à sa cause en fait un loup de la meute des dominants...et sur ce point c'est désespérant , tout comme l'intention que vous prêtez à V.S...je trouve votre argument quelque peu spécieux .

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  2. Madame,
    Je vous ai précédemment répondu mais mon incompétence informatique a égaré mon propos dans les steppes infinies de la toile. Je disais donc, de mémoire :
    1- Je n’ai jamais pensé, écrit, ou dit s’un « écrivain peut se soustraire à la loi au nom de la littérature ». Laissons ce genre d’argument au crétinisme des plateaux télévisuels.
    2- Je ne vois pas ce que viennent faire les errements polotico-philosophiques d’un Cioran âgé de vingt ans dans ce débat. Quant à ses « erreurs d’homme vieillissant « , j’en ignore tout, contrairement à vous.
    3- Sauf à considérer que le fait de vouloir se débarrasser d’une dinde de quinze ans, victime de la saloperie d’une mère qui l’a livrée à un « prédateur » - figure médiatique ou non est secondaire - venue chercher un « grand-père » en la personne de Cioran pour tenter de conforter un ego meurtri à la découverte publique de n’être pas « la première et la dernière » jeune maîtresse de M. Matzneff, constitue une « erreur d’homme vieillissant ».
    Je n’aurais pas été surpris qu’il la foute carrément à la porte ! Comme quoi Cioran avait donc bon cœur et de la patience.
    4- J’ignore tout, bien que mâle blanc hétérosexuel militant de plus de cinquante ans - donc par définition suspect - des meutes de dominants. Je ne suis d’aucun groupement , parti ou meute. Et je ne sache pas qu’il en allait différemment pour Cioran.
    J’ai pris plaisir à vous lire et à vous répondre, et je serai heureux de renouveler l’échange. Mais sur tout autre sujet si vous voulez bien. Je n’ai rien d’autre à dire sur M. Matzneff et Mme Springora, les laissant patauger tous deux dans leur commune flaque de vomi médiatisée.

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  3. L'erreur de Cioran, à mes yeux, à été d'entretenir une amitié ', et de ce fait en cautionner les agissements, avec un homme, piètre écrivain et si peu fréquentable. En tout cas la rencontre avec V. S aurait pu le dissuader. Bref, eu égard au respect que je porte au philosophe, homme blanc etc etc.. 'j' aurai attendu de lui qu'il se désolidarise d'un tel admirateur.
    En ce sens, je comprends. "la vengeance mesquine" de la jeune femme... Celle là même que vous dénoncez.:-)

    Votre blog est par ailleurs de bien plus haute tenue intellectuelle, que j'en regrette presque de l'avoir pollué avec un débat aussi nauséabond.

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  4. Mais vous n’avez rien pollué ! Ce blog n’a aucune prétention d’aucun ordre que ce soit... Juste un hobby pour évoquer quelques anciennes passions et converser avec une poignée de personnes qui me sont chères.
    Je ne dénonce ni jeune femme ni vieux monsieur : une dizaine de lignes uniquement motivées par le seul fait de voir apparaître Cioran dans ce cloaque.
    Le reste m’indiffère. 😉

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