Vertus de l'oubli.

"Te souviens-tu de ces serpents qui, quand nous arrivâmes en Épire, effaçaient derrière nous les traces de nos pas ? 
D’autres serpents viendront, et tout sera effacé."
Roland Jaccard a raison, qui se demande qui, sérieusement, peut rivaliser avec Scipion l'Africain, en matière d'aphorismes du moins...

Lequel, par ailleurs, lors d'une sédition d'une partie de son armée en Espagne au cours de laquelle des factieux l'ont fait passer pour mort, rétablit son autorité, et, dans ce discours à son armée tel que relaté par Tite-Live dans son Histoire romaine, montre son peu d'illusions face à la nature humaine et le peu de cas qu'il fait des comportements qui en découlent, voués à l'oubli.
"Sur moi, je ne dirai rien: vous avez mis sans doute plus de légèreté que d’espoir à croire à ma mort. (...)
J’ai horreur de rapporter ce qu’on a cru, ce qu’on a espéré, ce qu’on a souhaité: que l’oubli emporte tout cela et l’anéantisse, s’il se peut; sinon, qu’en tout cas le silence l’ensevelisse !"

Dans deux mille deux cents ans, quid des pâtés de nos médiatiques écrivaillons contemporains et des borborygmes de ce qui tient lieu d'hommes politiques ?


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